Édito

Contribuer à faire progresser l’égalité c’est, comme le fait la Fédération des CIDFF, lutter partout et sur tous les territoires contre les stéréotypes et les normes sexistes

 Danielle Bousquet, présidente de la FNCIDFF 

 

 

Réussir enfin à lutter efficacement contre les violences à l’encontre des femmes

 

Pas une semaine ne passe sans qu’un ou plusieurs féminicides ne soient annoncés, pas une semaine sans que de nouvelles familles ne subissent les conséquences des violences sexistes et sexuelles, de cet archaïsme sociétal qui a trop longtemps bénéficié de notre indifférence collective.

 

Pourquoi la lutte contre les violences dans notre pays n’est-elle pas efficace ? Pourquoi l’expérience acquise par les associations féministes dans la protection et l’accompagnement des femmes victimes de violences au sein du couple ou ex-couple ne servirait-elle pas à mettre en place une véritable culture de la protection des femmes ?

 

Nous sommes nombreuses à exiger une évolution structurelle de la façon dont est considérée la protection des femmes. Il y a urgence, ce sont des vies qui sont en danger !

 

Rappelons qu’en France, c’est sous la pression des associations de lutte contre les violences faites aux femmes que la loi a progressé au cours des dernières années, que de nouveaux outils et mesures ont été adoptés tels l’ordonnance de protection, l’éviction du conjoint violent, le Téléphone Grave Danger, le Bracelet Anti Rapprochement, etc.

 

Mais, il n’existe toujours pas de politique coordonnée de tous les acteurs : Justice, forces de l’ordre, services sociaux, professionnel·le·s de la santé et associations spécialisées dans l’accompagnement des femmes victimes de violences. Il peut par exemple arriver que nul ne soit informé de la libération d’un auteur de violences, même pas la femme qui est sa victime, alors qu’il est absolument nécessaire qu’elle soit immédiatement mise sous protection.

 

Nous devons rendre les outils actuels efficaces en mobilisant et coordonnant toutes nos ressources.

 

Pour cela, il nous faut préalablement reconnaître ce que recouvre la notion du danger auquel sont exposées les femmes, en prenant comme axiome de base que, s’il y a violences, il y a danger, donc besoin immédiat de protection.

 

Parallèlement, il nous faut former nos forces de l’ordre aux spécificités des violences faites aux femmes et à ce qu’est l’emprise, avec de véritables formations initiales et continues, afin que la protection des femmes soit au cœur de leur action.

Dans le même temps, il nous faut élaborer conjointement, un protocole d’intervention dans les brigades de nuit avec désignation d’une personne référente.

 

Le fichier des auteurs, qui devrait être créé, devra être accessible aux différents acteurs de la protection des femmes victimes de violences, notamment aux associations spécialisées qui accompagnent les femmes. Ce fichier devra indiquer, suivant un protocole de confidentialité rigoureux, les informations utiles à l’accompagnement des femmes pour garantir leur protection, comme la sortie de prison de l’auteur, l’interdiction d’approcher la victime, la rupture des conditions d’éloignement etc. À l’instar de ce qui se fait en Espagne, ce dispositif permettra de déclencher des alertes, afin de prévenir de nouveaux actes de violences, ainsi que de nouveaux féminicides.

 

Enfin, il nous faut reconnaître institutionnellement les associations d’information et d’accompagnement des femmes victimes de violences, engagées comme les CIDFF depuis plus de 40 ans dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, en tant que partenaire agréé du ministère de la Justice et de ses services décentralisés. L’objectif, en reconnaissant l’expertise de ces associations, est de permettre un accompagnement efficace et cohérent des femmes victimes de violences sur le plan psychologique, social, de leur autonomie, de leur information juridique, afin de leur assurer une protection efficace sur tout le territoire.

 

Si la coordination ministérielle est tout à fait essentielle, il est absolument nécessaire qu’elle soit déclinée au plan local et il va de soi qu’il faut y inclure les associations spécialisées dans l’accompagnement des femmes, car ce sont elles qui sont le pilier sûr et vite mobilisable de la lutte contre les violences à l’encontre des femmes. Disons-le à nouveau, ce sont des vies qui sont en jeu.

 

 

Danielle Bousquet

Présidente de la FNCIDFF

 

 

 

 

 

 

 

Fédération nationale des 98 Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles


 

 

 

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