Le 24 mars dernier, l’Observatoire Jeanne Chauvin de la Fédération nationale des CIDFF organisait sa causerie “L’inclusion des femmes lesbiennes au travail : état des lieux et recommandations”.
Cette rencontre fut l’occasion d’aborder la question des discriminations auxquelles font face les lesbiennes au travail, le dévoilement auprès de ses collègues et de ses employeur·euses et les impacts sur leurs carrières, mais aussi les leviers d’actions pour améliorer leur inclusion grâce à Clotilde Coron, coordinatrice d’un projet de recherche “Inclusion au travail des personnes stigmatisées : le cas des salariées lesbiennes – ODILE” et membre du conseil scientifique de l’Observatoire Jeanne Chauvin et de Catherine Tripon, engagée sur l’inclusion professionnelle des personnes LGBTQIA+ avec L’Autre Cercle, pour leurs prises de paroles pertinentes.
A l’occasion de la semaine de visibilité lesbienne et à deux jours de la journée de visibilité lesbienne, nous rappelons que l’invisibilité des lesbiennes touche aussi le monde professionnel.
Comme dans d’autres sphères, les lesbiennes font face à des discriminations dans le monde du travail. C’est ce que révèle Clotilde Coron dans son ouvrage qui paraîtra le 7 mai prochain “Lesbiennes au travail : sortir de l’invisibilité”. Elle y explique que 27% des femmes lesbiennes ont subi des discriminations dans le cadre du travail. C’est également le cas de 30% des bisexuelles. Elles sont également nombreuses à être victimes de violences comme les agressions verbales, le harcèlement moral ou sexuel.
Pour y faire face, elles adoptent des stratégies différentes parmi lesquelles le dévoilement total, partiel ou une invisibilisation auprès de l’ensemble de leurs collègues. Quelles que soient les situations adoptées, les conséquences sur leurs manières d’exister socialement dans ces espaces sont toujours importantes. Dans le cas d’un dévoilement partiel par exemple, la charge mentale peut être particulièrement lourde à porter.
Je sais qui le sait, qui ne le sait pas, qui le sait parce que je l’ai dit, qui le sait parce qu’il l’a vu sur Insta, et à qui je dis ‘la personne avec qui je vis’, à qui je ne dis rien du tout. C’est un vrai logiciel qu’on met à jour en permanence, et auquel on fait appel en permanence, c’est fatigant.
Face à ce constat, l’engagement du monde professionnel est essentiel pour permettre davantage de visibilité aux lesbiennes dans ces espaces. C’est d’ailleurs ce qu’explique Catherine Tripon dans le cadre de ses travaux avec l’Autre cercle. C’est aux structures employeuses de mettre en place des politiques d’engagement en faveur de l’inclusion des personnes LGBTQIA+.
Différents outils sont à disposition de ces structures pour véritablement lutter contre les lgbtphobies. Parmi elles, la sensibilisation et la formation des managers et des collaborateur·ices à ces enjeux et la création d’un environnement de travail respectueux et aligné avec des valeurs non discriminatoires.
Pour la journée de visibilité lesbienne et tout le reste de l’année, portons ces enjeux pour davantage de visibilité des lesbiennes au travail et partout ailleurs !