Depuis une semaine, l’émotion et la colère montent dans la société après la mort de Lyhanna, 11 ans, et la démonstration de dysfonctionnements structurels dans la protection des enfants victimes de violences. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé ce mardi 9 juin la sanctuarisation des moyens alloués à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. La Fédération nationale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) alerte sur la situation financière des associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes de violences, et appelle le gouvernement à augmenter les moyens dédiés à la prévention, la protection et l’accompagnement des femmes et enfants victimes.
Près de 10 ans après le mouvement #MeToo, les demandes des victimes auprès des associations spécialisées explosent, mais les moyens qui leur sont alloués restent insuffisants pour mener leurs missions, notamment auprès des victimes de violences sexuelles. En cinq ans, le nombre de femmes victimes de violences sexistes et sexuelles accompagnées par les CIDFF a augmenté de 26%.
Dans un contexte financier déjà tendu, les associations doivent également composer avec de nouveaux retards dans le versement par l’Etat de plusieurs de leurs subventions. Interpelé par les parlementaires, le gouvernement a indiqué que le versement des subventions de l’Etat aux associations au titre du programme 137 dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes, prévues par le budget 2026 pourrait survenir d’ici 3 à 6 semaines. La Fédération nationale des CIDFF tire la sonnette d’alarme : la situation est critique pour douze CIDFF, qui sont en rupture de trésorerie et ne pourront pas payer les salaires du mois de juin. Certaines associations sont déjà contraintes de prévoir des licenciements.
Une politique ambitieuse de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, à la hauteur des enjeux, nécessite une augmentation des moyens. D’après le rapport « Où est l’argent contre les violences faites aux femmes » publié le 25 septembre 2023 par la Fondation des femmes, l’Etat devrait consacrer au minimum 2,6 milliards d’euros par an à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. De l’autre côté, la CIIVISE a estimé à 9,7 milliards d’euros le “coût du déni”, soit le coût annuel pour la société de l’inaction à l’égard des violences sexuelles faites aux enfants.
En complément des travaux parlementaires nécessaires à l’adoption d’une loi intégrale, la Fédération nationale des CIDFF appelle le gouvernement à augmenter drastiquement les moyens alloués à la lutte contre les violences et aux associations qui agissent pour cette cause.